Mesdames, Messieurs,
Chers collègues,
Très chers partenaires,
En vos titres, grades et qualités,
Tout d’abord, merci pour votre présence qui témoigne de l’intérêt que vous portez, comme nous, au Parc Hibakusha.
Et permettez-moi de commencer par une confidence.
Il s'agit sans doute aujourd'hui de l'un de mes derniers discours officiels en tant que Recteur de l'Université de Mons. Et je peux vous dire, en toute sincérité, que c'est aussi l'un de ceux qui me tient le plus à cœur.
Car ce lieu m’est très cher !
Nous ne sommes pas réunis ici pour inaugurer un aménagement ou admirer une réalisation architecturale. Nous sommes réunis pour faire vivre une mémoire. Une mémoire qui nous rappelle jusqu'où peut conduire la folie des hommes, mais aussi combien la paix est une conquête quotidienne qui exige vigilance, transmission et engagement.
Le Parc Hibakusha occupe une place particulière au sein de notre université. Créé en 1989 à l'initiative du Professeur Pierre Piérart, avec le soutien indéfectible de Macha, il est devenu, au fil des années, bien davantage qu'un espace commémoratif. Il est un lieu d'éducation, de réflexion et de dialogue entre les générations.
L'an dernier, nous avions eu le bonheur de découvrir ensemble sa rénovation. Aujourd'hui, nous redécouvrons un site dont l'aménagement s'est encore enrichi et qui continue de prendre, enfin ! toute sa dimension.
L'Université de Mons est particulièrement fière d'avoir apporté son soutien financier, technique et logistique à ce projet et de contribuer ainsi à sa finalisation.
Notre ambition, aux côtés de nos partenaires, est de faire en sorte que ce lieu de mémoire soit compris, fréquenté et investi par nos étudiantes et nos étudiants. Qu'ils s'en emparent, non seulement comme d'un espace de détente et d’étude mais surtout, de recueillement, comme d'un outil de transmission, fidèle à la volonté de ses fondateurs. Car une mémoire qui ne se transmet plus finit toujours par s'effacer.
Concrètement, notre engagement s'est traduit de plusieurs manières.
L'UMONS a assuré la réalisation et l'installation des nouveaux pupitres didactiques, sur la base des contenus élaborés par le Collectif Hibakusha et ses partenaires. Ces textes sont désormais accessibles en français, en anglais et en néerlandais grâce au remarquable travail de traduction réalisé par notre Faculté de Traduction et d'Interprétation.
Nos équipes assurent et assureront également, et j’y tiens, l'entretien permanent des abords du parc : la taille, le désherbage, les plantations et l'embellissement végétal, dans le respect du Label Nature Entreprise décerné par Natagora. Ce lieu de mémoire est ainsi aussi devenu un lieu exemplaire en matière de biodiversité. Les plantations réalisées l'année dernière ont d'ailleurs bien prospéré. Et puisque chaque cérémonie réserve sa petite anecdote, je me permets de vous signaler que les pommiers sont particulièrement généreux cette année... Si quelques pommes sont tombées sur votre chemin ce matin, rassurez-vous, elles font aussi partie de la vie du parc !
Je souhaite remercier chaleureusement celles et ceux qui, au sein de notre université, ont rendu cet engagement possible : notre Premier Vice-Recteur, Marc Labie, notre Administrateur Philippe Mettens, la Direction des Infrastructures, ainsi que l'ensemble des collaboratrices et collaborateurs de l'UMONS qui ont consacré leur énergie et leur savoir-faire à ce projet.
Mes remerciements vont également à Macha et Pierre Piérart, fondateurs de ce lieu de mémoire, au Collectif Hibakusha, au Comité de Surveillance OTAN, à la Coordination Nationale d'Action pour la Paix et la Démocratie, à N-H-U – Nation Humaine Universelle –, à Studio Kuro Sketch, à Marcel Potnanski, ainsi qu'à l'ensemble des partenaires qui ont contribué, chacun à leur manière, à faire vivre et évoluer ce parc.
Enfin, je voudrais terminer par un symbole.
Vous verrez que des feuilles de ginkgo apparaissent désormais sur l'ensemble des nouveaux panneaux didactiques. Ce n'est évidemment pas qu’un choix esthétique. Ces feuilles renvoient à cet arbre qui, contre toute attente, a survécu au bombardement d'Hiroshima. Quelques mois après l'explosion, les gingko ont donné de nouvelles pousses. Dans un paysage de cendres, ils sont devenus le premier signe que la vie pouvait renaître. Le ginkgo est devenu, partout dans le monde, le symbole de la résilience, de l'espérance et de la vie plus forte que la destruction.
C'est sans doute la plus belle définition de l'espérance. Puissions-nous nous en inspirer !
Je fais le vœu que ce parc continue d'être un lieu où l'on se souvient, où l'on apprend, où l'on transmet. Un lieu qui rappelle à chaque génération que la paix n'est jamais acquise, mais qu'elle mérite toujours d'être défendue. Qu’il soit un lieu où, comme le disait, le Prof. Piérart, on veut et on prépare la paix.
Je vous promets en tous cas de continuer à venir m’y ressourcer régulièrement.
Merci pour votre attention !
Prof. Philippe Dubois,
Recteur, UMONS
Mons, 8 août 2026
